vendredi, 28 mars 2008
Guide de haute montagne.
Le métier de guide de haute montagne fait rêver tous les amoureux de grands espaces, de nature et de sports de plein air. Gagner sa vie en parcourant les sommets du monde dans des décors majestueux et sauvages : telle est la vocation de ces fous de montagne.
Mais, au-delà des fortes contraintes physiques, ce métier risqué demande aussi une patience, un dévouement et un sang froid à toute épreuve. Prenons un peu de hauteur…
Vivre la tête dans les nuages.
Michel Pellé est guide de haute montagne depuis 1973. Originaire de la région d’Orléans, il s’est initié au métier par le biais de l’escalade qu’il pratiquait depuis le plus jeune âge à Fontainebleau. Passionné des grandes expéditions et des massifs lointains, Michel est le premier guide français à avoir mené ses clients sur le toit du monde ! Il partage aujourd’hui son temps entre diverses contrées du globe dont le Népal et les Alpes.
« C’est un métier que l’on peut pratiquer dans sa propre vallée ou bien à l’autre bout du monde en organisant des voyages. Il faut alors prendre une triple casquette : celle d’agent de voyage, de guide touristique et de guide de haute montagne. » Iran, Norvège, Moyen-Orient, Europe, Asie,… à bientôt 60 ans, Michel ne se lasse pas de parcourir la planète.
Il n’en reste pas moins réaliste sur l’envers du décor : « C’est une profession libérale, or créer sa propre clientèle est loin d’être évident. Il faut en permanence démarcher pour que le bouche à oreille prenne son essor. »
Ce pionnier de l’Everest souligne aussi l’intensification de la responsabilité pénale. Un guide ne peut se permettre aucun impair car il doit rendre des comptes en cas d’accident.
A environ 300 euros la journée, un guide de haute montagne est plutôt bien payé mais la principale difficulté reste de trouver du travail toute l’année. Nombre d’entre eux ont un autre emploi pour combler les périodes creuses…
Comment devenir guide de haute montagne ?
Les places sont chères : une quarantaine de guides sont nommés chaque année. Il faut pour cela passer le Brevet d'Etat d'Alpinisme. Cet examen exigeant comprend des épreuves sportives en haute montagne (ski, escalade, alpinisme,…) ainsi que des entretiens théoriques. Il faut ensuite valider plusieurs stages de formation pour accéder au titre d'aspirant-guide. Enfin, le diplôme Guide de haute montagne est remis après deux ans d’expérience dans le métier.
Un guide débute généralement au sein d’une collectivité, d’un bureau de guides ou pour une agence de voyage. Il peut ainsi se créer peu à peu sa propre clientèle et se lancer ensuite à son compte.
On dénombre environ 1 500 guides en France. Les quotas instaurés garantissent globalement un équilibre entre le nombre de guides et la demande.
Suis-je fait pour ce métier ?
L’amour de la montagne, la passion du sport et les aptitudes physiques sont, bien sûr, à la base du métier. Mais il faut aussi maîtriser tous les impératifs de sécurité et être conscient des dangers de la montagne. Avoir une bonne résistance à l’anxiété, être organisé et persévérant sont autant d’atouts dans le métier. Sans oublier le relationnel, essentiel pour fidéliser sa clientèle et instaurer un climat de confiance.
« Faire de la montagne en tant que guide professionnel est très différent de la pratique en amateur de haut niveau, souligne Michel Pellé. Quand on travaille, on ne fait pas de la montagne pour soi : on est au service des clients. Ce n’est pas l’endurance physique qui prime mais la sécurité, la logistique, l’organisation et relationnel. C’est une toute autre approche, conclue-t-il. »
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