jeudi, 04 janvier 2007
Que faire d'une année sabbatique?
Bon pour un an.
365 jours en promo! Totale liberté d'usage! Que faire d'une année sabbatique?
Les membres du comité de rédaction d'entrées libres se sont posé la question.
Une manière pour nos lecteurs de découvrir celles et ceux qui "font" leur revue
au quotidien. Et si nos rêves peuvent vous inspirer…
Une année "back up informatique"! Sauvegarder tout ce qui est en cours et qui s'exécute,
trop souvent à du 200/h. Écrire sous la forme d'un portfolio en ligne (un blog… à valeur
pédagogique ajoutée), des tranches de vie, des enseignements et aussi des choses qui
n'ont pas bien marché, pour épargner aux autres les mêmes impatiences. Reprendre la cornemuse que je pratique et le violoncelle, trop tôt abandonné. "Chant mariner" sur un
second CD. Découvrir avec curiosité la grand-paternité. Lisbonne retourner visiter.
Ce que je ferais? RIEN. C'est votre première pensée aussi: ne niez pas! Ce qui n'a rien d'original. En effet, dans une dolente étude (MORPHÉE, Enquête sur les forces de repos, juillet-aout) entre deux temps de repos, des chercheurs en chambre ont montré que ce serait là la non-activité d'une amorphe majorité. À la question "Que feriez-vous si vous disposiez d'une année sabbatique?", les réponses sont les suivantes: pas grand-chose (0,000001%); rien (0,499999%); vraiment rien (0,5%); rien du tout (99%). Cette question réveille apparemment l'unau qui ronfle en nous! Donc: farniente, ma niente da niente! Et sans fausse honte.
Je prendrais le temps de donner du temps, de ce temps volé aux proches, aux amis de toujours et aux amis oubliés, mais aussi à ceux qui ont tant besoin qu'on leur en donne. Je
prendrais aussi le temps de voyager. Voyager pour savourer les couleurs de la Terre, entendre les récits d'autres vies. Voyager dans ma tête sans rien en attendre de précis. Pour éviter de se prendre au sérieux, je n'oublierais pas de déboucher une bonne bouteille et, pour sûr, de faire la fête!
Une année sabbatique… Le rêve! On se dit qu'on a tout le temps, mais aussi que ça passe tellement vite! Que faire? Que choisir? Une chose est sure, j'aurais du mal à rester en place! Alors, mon passeport en poche et ma valise bien remplie, à moi les voyages, les découvertes, le soleil (surtout le soleil!); je laisserais le hasard des rencontres guider mes pas… Mais s'il le fallait, je pourrais me contenter de gouter à la simplicité de la vie, chez moi en cuisinant de bons petits plats selon mes envies, ou au grand air, savourant la quiétude et la beauté de la nature…
Que faire pendant une année sabbatique? Version paresseuse: rien, rien et rien. Version
agressive: je me clone et je m'envoie braquer une banque pendant que moi, je boucle les
valises et nous partons pour un tour du monde… Non mais, vous m'avez bien regardée?
Vous imaginez un gros flingue au bout de mon petit poignet? Version poétique: je renouvèle ma collection de crayons de couleur, pastels, écolines, gouaches et papiers, et je propose à tous mes voisins de dessiner leur portrait.
"Cultiver mon jardin", loin des scandales et du tumulte de la ville. Les mauvaises herbes profitent beaucoup trop de la surcharge de mon agenda. Lire les ouvrages que, comme le disait si bien Italo CALVINO, je n'ai pas encore ouverts et dont la pile à côté de ma table de nuit commence à pencher dangereusement, relire ceux que j'ai oubliés et qui m'ont ravi, découvrir ceux que mes amis me conseillent vivement, et… Enfin, les longues journées d'hiver, j'irai suivre des cours de sculpture sur bois afin de… préparer une retraite sereine et créative.
Une année sabbatique, sans se soucier de gagner sa vie… OK! Eh bien, je dirais… aller au
bout. Avoir le temps d'aller au bout. Au bout de tout ce que j'ai envie de découvrir d'un cinéaste, d'un auteur, d'un peintre, d'un groupe rock, d'un évènement, sans devoir me contenter du dernier film sorti, du premier paragraphe de la critique, de deux tableaux aperçus dans la vitrine d'une galerie, d'un morceau entendu à la radio ou d'un demi-article avant que le sommeil me prenne. Avoir le sentiment, pour une fois, de pouvoir aller au fond des choses…
Je prendrais le train pour Gênes et de là un cargo pour Alexandrie. Je louerais une voiture
jusqu'au Wadi Natroun, je logerais dans les couvents coptes. Au Caire, je me perdrais dans
les souks et peut-être pousserais-je jusqu'en Éthiopie? Je m'assiérais tous les jours pendant des heures à regarder le monde. Je rencontrerais plein de gens étranges. Au retour, j'écrirais un récit de voyage dédié à mon mari qui se serait occupé pendant tout ce temps de la famille, de la maison et du jardin et m'aurait envoyé des chèques tous les mois.
Donner plus de temps et donc de moyens aux projets actuels, profiter de trois périodes de
vacances (ski, soleil et nature, exotisme sportif) et du nid douillet familial. Transformer mes
passions en activités quotidiennes. En théâtre: lire et relire, adapter et réaliser un prochain
spectacle au coeur même du Rocher Bayard, mettre en oeuvre deux autres pièces. En football, ramener le Dinant FC à un niveau plus digne et soutenir mes garçons. En politique… Tout dépendra du 8 octobre!
Que peut signifier cette "année sabbatique", alors que je suis "retraitée"? Quel rêve intime, enfoui et silencieux, ai-je envie de réaliser? Délivrer la maison de tout ce qui l'encombre, n'y garder que le beau et l'essentiel, fleurir davantage la terrasse, soulager l'agenda des contraintes inutiles… et dans cet espace-temps reconstruit, écrire dans le silence du matin ou de la soirée, ces "Mémoires africaines" qui dorment depuis 50 ans: oh, le beau rêve!
Année sabbatique: chaque 7e année, durant laquelle les terres étaient laissées en jachère et leurs produits naturels abandonnés aux pauvres. Et pour jachères, des vacances, qui se prolongeraient suffisamment pour penser avec délectation à ceux qui ont repris le collier en aout. Flâneries entre les collines toscanes, en refaisant le monde sous l'ombrage de la tonnelle d'une trattoria, la table garnie de son blanc frais pour produit naturel; cabotage entre les iles grecques, relire HEIDEGGER en allemand, mais d'abord apprendre l'allemand, ensoleiller les chemins solitaires du philosophe. Exhumer les livres non lus, qui paressent en trainant leurs tranches comme des reproches…
Courir l'aube en Fagnes. Face à la mer, consacrer la matinée au stylo. Siester en planeur
dans le cerveau de Didier van CAUWELAERT pour y suivre ses nuages imaginatifs.
Aquareller l'après-midi en Toscane, là où même les jours gris sont supportables quand ils
mélangent bleu outremer et terre de Sienne. Photographier le soleil finissant dans le
Luberon lorsque la lumière tiédit les pierres et étire les ombres. Au souper, discuter de tout
cela autour d'un Gigondas. Et cela, 365 jours? Il y a pire!
Je rangerais mon agenda au fond d'une armoire et je m'offrirais ce luxe inouï: me réveiller
chaque matin prête à m'embarquer pour une destination inconnue. Sans bouger de chez
moi, peut-être, je serais enfin, vraiment, résolument nomade.
Om Mani Padme Hum! Depuis mon premier voyage en Asie, je suis fascinée par ce continent
au sourire envoutant. Que donnerais-je - 12 mois de mon temps libre? - pour réunir
au fond de ma vieille bourse en cuir de yack assez de yuans pour partir sur les pas
d'Alexandra DAVID-NÉEL à la découverte de paysages à couper le souffle, d'une culture
baignée de sagesse et d'un peuple si accueillant, à la vie dure mais heureuse. Himalaya,
Bouddha, lamas, Potala… rimeront-ils bientôt avec "Tashi delek Tibet, me voilà!"?
Embarquement immédiat pour quelques rêves délirants. Apprendre à apprivoiser le chameau de Tasmanie. Parait que c'est pas si dur. Y en a qui le font dans les cabinets ministériels.
Lire GALBRAITH, dix minutes le matin et FREUD, un quart d’heure l'après-midi, si
possible en italien - ça aide. À leur mémoire bienheureuse d'enquiquineurs de génie et
d'amateurs de champignons qui voulaient de la morale chez les économistes américains et
du désir chez les anorexiques. Parait que c'est pas si dur. Je veux dire: lire en italien. Mais,
à me creuser pour chercher des choses impossibles, je me surprends à penser que tout ça
pourrait n'être pas si fou...
19:25 Publié dans Financez vos rêves | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : année sabbatique
mercredi, 03 janvier 2007
Conseil d’expert.
Après trois ans d’expérience, est-il trop tôt pour prendre une année sabbatique?
Il y a trois ans, j’ai participé à une formation pour les jeunes diplômés en trading, laquelle s’est achevée l’année dernière. Je travaille depuis pour cette même société, au poste d’analyste de crédit. Pourtant, je souhaiterai quitter mon poste actuel afin de voyager en Australie durant une année. Cependant, j’ai peur de ne pas être en mesure de trouver un nouvel emploi à mon retour, ma carrière est peut-être encore trop récente pour prendre une année sabbatique.
Que me conseillez-vous ?
La vie est trop courte. Si vous souhaitez vraiment prendre une année sabbatique afin d’aller en Australie, il faut le faire avant d’avoir des responsabilités financières et familiales.
Avec trois ans d’expérience, vous disposez de bases solides. En outre, l’analyse de crédit est un secteur où il est habituellement possible de trouver un emploi– si vous aviez travaillé en private equity ou dans tout autre secteur où les postes de juniors sont des denrées rares, il aurait fallu y réfléchir à deux fois.
Pour maximiser vos chances de trouver un bon emploi à votre retour, planifiez votre voyage attentivement, préparez le terrain avant de partir et réfléchissez à la manière dont vous allez occuper votre temps pendant cette année à l’étranger. Imaginez comment vous allez rédiger votre CV à votre retour. Que souhaiteriez-vous dire sur ce que vous avez fait ? Qu’avez-vous appris de votre expérience et quelles nouvelles aptitudes avez-vous développées ?
Commencez aussi à parler à vos employeurs. S’ils vous apprécient, ils pourraient vous offrir un poste à votre retour. Il est peu probable que vous obteniez une garantie de leur part. Néanmoins, vous aurez de bien meilleures chances si vous établissez un réseau de contacts au sein de la société avant de partir et si vous le réactivez un mois avant votre retour.
Réfléchissez à la possibilité de trouver un travail correspondant à votre profil en Australie et contactez le maximum de personnes avant de partir. Votre employeur a-t-il des bureaux en Australie ? S’ils n’ont pas de postes pour vous, peut-être pourriez-vous tout de même leur rendre une petite visite.
Petite mise en garde : attendez-vous à retourner sur le marché du travail à un niveau inférieur au précédent et à devoir grimper les échelons, à nouveau. En outre, vous pourriez réaliser qu’un an à l’étranger est une expérience tellement bouleversante que vous ne souhaitez plus travailler en banque d’affaires. Après une année sabbatique, les personnes réalisent souvent que le dernier poste qu’elles souhaiteraient occuper à leur retour, c’est celui qu’elles occupaient avant de partir.
Conseil d’un lecteur.
Ne le faites pas. Personne ne vous attendra. Vous avez eu la chance incroyable de rentrer dans le système et il se pourrait que vous ne soyez pas aussi chanceux dans un an. Les chasseurs de tête ne vous aideront pas, parce que vous serez au chômage ; les programmes destinés aux jeunes diplômés ne vous seront d’aucune utilité, parce que vous y avez déjà participé. Vous n’aurez plus qu’à espérer qu’un manager vous considère comme plus intéressant, avec votre année au soleil, qu’un autre candidat issu d’une société concurrente ... Quant à la question : « Est-ce trop prématuré? »... Ce que je viens de décrire ne fera qu’empirer à mesure que vous avancerez en âge. La seule différence est que vous pourriez avoir plus de contacts d’ici là. Connaître des gens ne signifie pas pour autant qu’ils vous aideront en cas de besoin.
12:25 Publié dans Financez vos rêves | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : année sabbatique
samedi, 04 novembre 2006
Osez une année sabbatique
Envie d’une pause prolongée en famille ou, comme Sophie Didier-Vacelet, d’un voyage au long cours ? En prenant une année sabbatique, vous décrochez de votre job avec la certitude de le retrouver au retour. Ou tout du moins votre statut et le salaire correspondant.
Pour y avoir droit, il faut justifier à la date du départ d’au moins trente-six mois d’ancienneté dans l’entreprise, consécutifs ou non, et de six années d’activité professionnelle.Problème : poser un tel congé d’une durée de onze mois, voire plus si on y adjoint des congés ordinaires, n’est pas toujours bien vécu par le patron. Soyez donc diplomate et, surtout, parlez de votre projet très à l’avance pour faciliter l’organisation de votre remplacement. Dans une société de moins de 200 salariés, l’employeur peut refuser ce congé en justifiant une atteinte à la bonne marche de l’entreprise. La décision est alors contestable aux prud’hommes. Dans les sociétés de taille plus importante, le refus est impossible, mais un report de six mois peut être demandé. Plus souple, le congé pour solidarité internationale permet, lui, de partir pour de plus courtes périodes, dans le but de participer bénévolement à une mission humanitaire à l’étranger.
Vous gardez vos droits à la Sécu
Pour financer votre projet, le déblocage anticipé de l’épargne salariale n’est pas admis, sauf à disposer d’un compte-épargne temps. Côté Sécurité sociale, aucun souci : vous conservez gratuitement vos droits pendant quatre ans. Et, concernant la retraite, mieux vaut partir en cours d’année qu’au 1er janvier pour ne pas perdre un an de cotisation : à l’exception des fonctionnaires, les salariés valident un trimestre dès lors qu’ils cotisent sur 1 606 euros sans tenir compte de la durée effective de travail. Pour certains, un ou deux mois en début d’année suffisent donc pour valider quatre trimestres !
Carnet d’adresses
Vos droits : www.travail.gouv.fr
Missions humanitaires : www.planete-urgence.org
15 000 euros tout compris pour un tour du monde
Avocate fiscaliste, Sophie Didier-Vacelet désirait s’évader provisoirement du milieu d’affaires financières où elle évoluait, pour partir à la rencontre du monde avec son mari. D’où son année sabbatique. « C’est une expérience dont on revient transformé, beaucoup plus sensible aux valeurs humaines essentielles », raconte-t-elle. Une aventure qu’elle partage dans Chroniques d’une année en liberté (disponible sur www.chambreaair-pournoel.com). Un budget de 30 000 euros a suffi pour réaliser ce rêve, comprenant deux billets d’avion avec dix stops, achetés environ 7 000 euros.
Au sommaire de cette enquête :
Conseil d’expert : Après trois ans d’expérience, est-il trop tôt pour prendre une année sabbatique?
Source : Mieux Vivre Votre Argent - Copyright : © Mieux Vivre Votre Argent 2006
20:55 Publié dans Financez vos rêves | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : financez vos reves, année sabbatique





