samedi, 04 novembre 2006
Arrêtez donc de travailler !
Ne plus courir après le temps libre, bon nombre d’actifs en rêvent. La question : « Combien me faut-il pour vivre de mes rentes ? » arrive ainsi de façon récurrente à Mieux Vivre Votre Argent. Pas de réponse possible sans déterminer d’abord vos besoins de revenus annuels.
Soyez réaliste dans cette évaluation. Certes, en arrêtant de travailler, certains frais, vêtements ou transports par exemple, auront tendance à diminuer. Idem du côté de la note fiscale. Les revenus du capital sont moins taxés que ceux du travail. A condition d’utiliser judicieusement des enveloppes défiscalisées type plan d’épargne en actions et d’opter à bon escient pour le prélèvement libératoire forfaitaire. Il ne faut pas oublier que la baisse de vos revenus provoquera mathématiquement une diminution du taux d’imposition.
Entamer son capital… ou pas
Ces économies sont toutefois insuffisantes pour compenser la facture des activités diverses occupant… votre temps libre. Sans compter le coût d’une couverture santé individuelle. Démissionnaire, vous garderez vos droits à la Sécurité sociale pour votre famille pendant quatre ans. Passé ce délai, la seule planche de salut est la couverture maladie universelle, au prix d’une cotisation annuelle égale à 8 % de la part de votre revenu fiscal de référence excédant 6 995 euros.
Une fois votre budget prévisionnel établi, il reste à faire un choix patrimonial : entamerez-vous votre capital ou vous contenterez-vous d’en retirer les fruits ? En d’autres termes, avez-vous l’intention de laisser un héritage à vos enfants ou à vos proches ? En grignotant votre bas de laine, 212 000 euros sont nécessaires, avec un rendement annuel de 3 %, pour disposer de 1 000 euros par mois pendant vingt-cinq ans et de 280 000 euros pendant quarante ans.
Mais pour ne vivre que des fruits de vos économies, il faudra alors disposer de 420 000 euros dans les deux cas. Attention, si vous puisez dans votre capital, prenez une bonne marge de sécurité par rapport à votre espérance de vie statistique. Et surtout, pensez à évaluer votre patrimoine hors immobilier de jouissance, lequel ne vous rapporte rien si ce n’est son usage !
Pour faire vos calculs, tablez sur une hypothèse de rendement de 3 % net d’impôts. Ce chiffre est aisément accessible dans l’environnement actuel. Et dites-vous que toute surperformance éventuelle vous permettra de mettre plus de beurre dans les épinards ! Comment faire en pratique ? Surtout ne pas se limiter à une gestion prudente. Car devenir rentier, c’est un projet pour la vie.
Donc, du long terme… La meilleure solution consiste à se constituer, d’un côté, une tirelire sécurisée et liquide, et, de l’autre, à prendre des risques sur des actifs volatils offrant des perspectives de gains supérieurs, comme l’a fait Paul-Louis. Sur le compartiment sécurisé, vous investirez un capital suffisant pour ponctionner des revenus pendant dix à douze ans. Ce délai correspond à la période minimale d’immobilisation des fonds sur le compartiment à risques pour avoir le temps de se refaire en cas d’accident sur les marchés.
Diversification et mobilité patrimoniales de rigueur
Pour l’épargne garantie, privilégiez les fonds en euros des contrats d’assurance vie multisupports. On peut raisonnablement espérer le maintien d’un rendement minimal de 4 % dans les dix prochaines années, à la faveur de la récente remontée des taux longs. Un couple ayant versé 400 000 euros sur un produit rémunéré à 4 % pourra retirer en franchise d’impôts 34 000 euros par an dès la neuvième année. Là encore, mieux vaut avoir prévu ! « Si vous ne disposez pas d’un contrat d’au moins huit ans, vous pouvez recourir à l’assurance vie à bonus de fidélité, suggère Bernard Paran, responsable du pôle financier chez Thésaurus. Comme les intérêts sont seulement crédités au terme, elle permet des retraits défiscalisés dès la première année. »
Sur la partie risquée de votre patrimoine, jouez évidemment la Bourse. En réservant une place de choix aux valeurs de rendement, en raison de la fiscalité légère des revenus d’actions. Un couple peut ainsi percevoir au moins 8 200 euros de dividendes annuels en franchise d’impôt. Par ailleurs, soyez réactif. « Un portefeuille de rentier doit être géré avec beaucoup de mobilité, commente Claude Garnier, coprésident d’Aforge Finance. Nous diversifions actuellement avec de la gestion alternative et du non-coté, mais uniquement via des fonds de fonds pour limiter au maximum la volatilité. »
L’immobilier est à classer dans les actifs à risque, surtout en période de surchauffe du marché de la pierre comme actuellement. « Il est grand temps de prendre une partie de sa plus-value, d’en mettre une partie à l’abri et de racheter à crédit, prévient Patrick Ganansia, gérant d’Initiatives Financières. Si vous vendez 100, placez 50 dans votre tirelire sécurisée et utilisez les 50 restant comme apport personnel. Avec un crédit sur quinze ans, les loyers suffiront à financer le bien. » Puis vous recommencerez l’opération. Une solution à n’utiliser que si la pierre ne représente pas déjà la majeure partie de votre patrimoine.
680 000 euros pour une rente de 12 000 euros par an
A 53 ans, Paul-Louis Sénéchal vit de ses rentes depuis 1997. Cet ex-ingénieur en télécommunications a jeté l’éponge après vingt-trois ans d’activité et avec un patrimoine de 496 000 euros. Depuis, il a réussi à le valoriser de 35 %. Consacrant deux heures par jour au suivi des marchés boursiers, il est aujourd’hui riche de 680 000 euros, investis à 50 % en actions. De ses contrats d’assurance vie en euros, il tire sans problème 12 000 euros de revenus nets par an.
« En quittant la région parisienne où j’étouffais, j’ai maintenu mon niveau de consommation pour une qualité de vie incomparable, se réjouit-il. Je ne me prive de rien et continue de voyager. » Surtout, Paul-Louis met à profit une bonne partie de son temps pour débusquer les meilleurs prix. « Le temps, pour moi, c’est vraiment de l’argent », conclut-il.
Au sommaire de cette enquête :
Source : Mieux Vivre Votre Argent - Copyright : © Mieux Vivre Votre Argent 2006
20:50 Publié dans Financez vos rêves | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : financez vos reves, Arrêtez de travailler






