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samedi, 04 novembre 2006
Devenez votre propre patron
Salariés, chômeurs, et même retraités… pour treize millions de Français, créer une entreprise est une idée séduisante, selon un sondage annuel de l’Agence pour la création d’entreprises (APCE). Trois millions d’entre eux auraient même un projet précis. Le goût de la liberté et de la responsabilité. L’attrait du gain, aussi. Car monter sa propre affaire offre des perspectives de fortune inatteignables pour un salarié.
Quelles que soient les motivations, rares sont pourtant ceux qui osent concrétiser leur rêve. Ils n’ont été que 320 000 l’an dernier. La peur de l’échec et le sentiment de la difficulté paralysent. Il est vrai que 38 % des jeunes entrepreneurs mettent la clé sous la porte pour raison économique dans les cinq premières années. Mais dans les dix-huit mois suivants, 20 % ont déjà monté une autre affaire ! En outre, le manque de préparation du projet est la principale cause de faillite. Or cet écueil est loin d’être fatal pour qui fait preuve de méthode et sait s’appuyer sur les aides et services existants. Voici nos conseils, établis avec notre confrère L’Entreprise.
Première étape cruciale, ne vous lancez pas sans avoir mesuré les chances de réussite de votre projet par une étude de marché. De nombreux organismes vous aideront à collecter les informations permettant de connaître les tendances du secteur, les acteurs du marché, l’investissement requis ou le chiffre d’affaires envisageable. Rapprochez-vous aussi des chambres de commerce et d’industrie, des chambres de métiers et des fédérations professionnelles. Ne négligez pas non plus la visite des salons professionnels.
Etude de marché et business plan obligatoires
Pour réaliser une étude de marché dans les règles de l’art, vous pouvez recourir à un professionnel du marketing si vous en avez les moyens. Sinon, sollicitez une junior entreprise. Autre piste : suivre une formation pour apprendre à mener cette étude, auprès d’une chambre de commerce ou d’une boutique de gestion. Le site Internet de l’APCE fournit lui aussi conseils et outils dans sa rubrique « études de marché ». Enfin, n’hésitez pas à franchir la porte des entreprises déjà présentes sur le créneau convoité. C’est une des clés de la réussite de Brigitte et de Jean-Philippe Soulier, propriétaires exploitants d’un domaine viticole dans la région de Bergerac depuis 1999. Le couple a redonné naissance à la marque Château La Robertie, primée à de nombreux concours agricoles et saluée par les guides spécialisés. « Nous étions cadres dans des grands groupes et ne connaissions pas grand-chose à la vigne, rappelle Brigitte. Mais nous ne sommes pas partis la fleur au fusil. Nous avons multiplié les rencontres avec des professionnels pour préparer notre projet. Les gens aiment parler de leur expérience, c’est une chance dans notre métier. »
Après l’étude de marché, vient l’étape incontournable du business plan. Même si votre projet est modeste, ne rechignez pas à le coucher en détail sur le papier. Et ce, dans toutes ses dimensions : économiques, techniques, financières, juridiques… Non seulement cela s’avérera essentiel pour décrocher des financements et des aides, mais aussi pour vous éclaircir les idées ! Et soyez pessimiste pour calculer le budget prévisionnel des premières années. Si vous êtes désemparé pour établir plan de financement et compte de résultat, listez toutes les rentrées espérées et les dépenses envisagées, puis sollicitez l’aide d’un comptable ou utilisez l’application « mon projet en ligne » du site de l’APCE.
Guichet unique pour les formalités
Vous voilà rassuré sur les chances de succès de votre entreprise ? L’heure des formalités a sonné. Aujourd’hui, ce n’est plus un parcours du combattant, grâce au Centre de formalités des entreprises (CFE). Ce guichet unique se charge de centraliser les pièces du dossier et de les transmettre aux différents organismes. Les CFE sont gérés par différents organismes publics. Celui dont vous relevez dépend de votre activité et de la structure juridique choisie.
Ultime étape avant le vrai démarrage : le financement. Certaines activités de services requièrent pour seule mise de fonds initiale les frais d’immatriculation de la société, soit quelques centaines d’euros. Quand Laurence Ollivier a lancé Rosko.com, son agence d’information, en 2001, elle a seulement investi le minimum légal pour constituer une SARL. Soit 8 000 euros à l’époque. Aujourd’hui un seul euro lui suffirait ! « Je disposais déjà de l’essentiel pour amorcer mon activité : un ordinateur, une documentation, un savoir-faire et un carnet d’adresses de journalistes compétents », commente cette jeune patronne réalisant un chiffre d’affaires annuel d’environ 200 000 euros. Mais souvent, boucler son plan de financement est plus problématique. A ce stade, il faut savoir taper aux bonnes portes et promouvoir avec conviction son projet. Il est souvent nécessaire de rappeler aux banquiers l’existence du prêt à la création d’entreprise (PCE) pour les projets dont la mise de départ est inférieure à 45 000 euros. Son intérêt ? Il est garanti par Sofaris, qui couvre l’ensemble du PCE et 70 % du prêt bancaire éventuellement associé. Ainsi, vous pouvez vous affranchir d’une caution personnelle. Mais avant de faire la tournée des banques, tentez votre chance auprès des organismes ou associations octroyant des avances ou des prêts à des conditions très favorables. Vous y trouverez aussi un accompagnement. N’oubliez pas non plus les collectivités locales, notamment le conseil départemental et régional. Enfin, pensez à la « love money », c’est-à-dire la participation de la famille et des amis ! Rappelez-leur qu’ils pourront déduire de leur impôt sur le revenu le quart de cet investissement, jusqu’à 5 000 euros par an pour un célibataire et le double pour un couple.
Exonération de charges sociales la première année
A l’instar de Dominique, créateur d’un atelier de restauration de meubles, il faut aussi savoir se jeter à l’eau au bon moment. Un licenciement économique peut être une bonne opportunité. Les indemnités procurent le capital nécessaire et les chômeurs ont accès de surcroît à un parcours facilité. Ils bénéficient, tout comme les titulaires du revenu minimum d’insertion, de l’Accre : une exonération de charges sociales pendant un an. Attention : il faut impérativement en faire la demande, à la Direction départementale du travail, avant la création ou la reprise de l’entreprise. En outre, ils peuvent cumuler pendant dix-huit mois indemnités de chômage et revenus de l’entreprise, à condition que ces derniers ne dépassent pas 70 % du salaire ayant servi de référence au calcul des droits à chômage. Autre avantage : des chéquiers-conseils leur permettent de financer les études et les conseils de professionnels dans la phase de préparation du projet.
Si vous n’avez aucune perspective de licenciement pour vous inciter à vous lancer, vous pouvez solliciter un congé sabbatique ou, mieux encore, un congé pour création d’emploi d’un an, renouvelable une fois. Depuis la loi Dutreil de 2003, vous avez aussi droit à un temps partiel pour préparer votre projet. Mais, dans tous les cas, votre nouvelle société ne doit pas être concurrente de votre employeur actuel.
Carnet d’adresses
S’informer
Agence pour la création d’entreprises (APCE) : www.apce.fr
L’Entreprise, mensuel publiant dossiers et guides pratiques sur la création d’entreprise, avec de nombreuses informations pratiques sur son site www.lentreprise.com
Boutiques de gestion : www.boutiques-de-gestion.com
Faire une étude de marché
Union professionnelle et artisanale : www.upa.fr ; Office national d’information sur les enseignements et les professions : www.onisep.fr ; Association pour l’emploi des cadres : www.apec.fr ; Fédération des centres de gestion agréés : www.fcga.fr.
Trouver une junior entreprise : www.cnje.org
Trouver un financement
Oseo BDPME, prêt sans garantie ni caution pour création ou développement d’entreprise de moins de trois ans et aide aux entreprises innovantes : www.bdpme.fr.
Réseau entreprendre, association de chefs d’entreprise accordant des prêts sans intérêt, ni garantie : www.reseau-entreprendre.org.
France Active, apport de fonds, crédit, garantie sur emprunt bancaire et expertise : www.franceactive.org.
France initiative réseau, prêt sans intérêt ni garantie : www.fir.asso.fr
Association pour le droit à l’initiative économique, pour les chômeurs et exclus du système bancaire classique : www.adie.org.
France angels, réseau d’investisseurs privés pour tout projet à fort potentiel : www.franceangels.org
40 000 euros pour ouvrir une brocante-ébénisterie
Quinquagénaires et cadres dans une caisse de retraite, Manon Godfrin et Dominique Vervaët ont profité d’un plan de départ progressif en retraite, pour elle, et d’un licenciement économique, pour lui, afin de marier leurs passions. Ebéniste à ses heures perdues, Dominique a validé son expérience à la prestigieuse école Boulle. Percevant des allocations chômage, il a obtenu de la région Ile-de-France le financement de sa formation de 12 000 euros. Manon, brocanteuse dans l’âme, a affiné ses connaissances en arpentant salles des ventes et boutiques d’antiquités. En mai 2005, ils ouvrent « Entre Temps », une brocante doublée d’un atelier d’ébénisterie. Ils investissent 40 000 euros pour équiper leur local, loué 1 200 euros par mois, et pour constituer une trésorerie et un stock. « Pour bénéficier des aides nationales, on vous oblige à bien mûrir votre projet et à bien le baliser. C’est essentiel notamment de prévoir un plan budgétaire à trois ans », conseille Dominique. « Notre revenu a été divisé par deux par rapport à notre période de salariat, constate Manon. Mais nous ne travaillons plus, nous vivons une passion à temps plein ! »
Au sommaire de cette enquête :
Source : Mieux Vivre Votre Argent - Copyright : © Mieux Vivre Votre Argent 2006
20:25 Publié dans Financez vos rêves | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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